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Dans la psyché humaine, notre colonne vertébrale se termine par une "queue de
saurien" qui nous rattache à notre animalité ". Carl Gustav
Jung
LE CERVEAU REPTILIEN
Il est appelé le cerveau primaire ou primitif ou
encore cerveau archaïque. Les êtres humains avaient à l'origine, essentiellement
un premier cerveau reptilien dont l'homme conserve encore bien des instincts de
base (dont l'instinct de conservation). Il correspond chez l'être humain aux
systèmes nerveux du tronc cérébral. Il est malgré sa petite taille d'une grande
complexité. Certains animaux (vertébrés inférieurs, reptiles…) sont régis
uniquement par ce cerveau. Il est la source des comportements primitifs qui
répondent à des besoins fondamentaux. Il assure entre autres la sauvegarde de
l'individu et de l'espèce. Ces comportements sont incapables d'adaptation et
restent insensibles à l'expérience du fait que le cerveau primitif n'a accès
qu'à une mémoire à court terme. Le cerveau reptilien agit toujours selon des
schémas rigides et stéréotypés: une même stimulation produira toujours le même
effet. Par exemple, conservée depuis des générations, la fuite inscrite
héréditairement dans chaque individu, est un mécanisme nécessaire, imparable,
stéréotypé. Le noyau dit " amygdalien " en particulier commande l'agressivité,
le souci du territoire et de sa défense. Il correspond à notre univers
non-verbal de gestes et comportements automatiques. Il est le lieu de la
routine, des itinéraires fixés à l'avance, des rituels, cérémonies….De ce fait,
le "langage reptilien " est essentiel dans les relations humaines.
LE CERVEAU
LIMBIQUE
Le cerveau viscéral de survie, surnommé ainsi
par Mac Lean, est en étroite relation avec les centres des pulsions et des
émotions. C'est le centre physiologique des émotions et donc le système dominant
de l'affectivité. "Parti du vieux cerveau des mammifères, il dessine un
anneau entourant le seuil de l'hémisphère cortical…Chez l'être humain, il est un
des éléments essentiels de mise en rapport du néocortex avec les autres
formations cérébrales plus anciennes; son fonctionnement domine l'affectivité et
les processus de la mémoire" H. Laborit.
Il correspondait au cerveau antérieur des
mammifères, au cortex primitif qui est toujours présent chez l'être humain.
C'est un ensemble complexe de noyaux, de voies nerveuses, relié à
l'hypothalamus, au tronc cérébral et au néocortex. Superposé au cerveau
reptilien , le cerveau limbique est le fruit d'une évolution beaucoup plus
tardive. Le rat n'a qu'un cerveau reptilien et limbique, à peine un cortex, le
chat aussi (avec un début de cortex). Comme le cerveau reptilien, il ne
s'exprime pas verbalement mais peut exciter le cortex qui lui, s'exprime par la
parole.
Sa fonction essentielle est la survie par une
bonne adaptation à l'environnement social : empathie, statut social,
intégration à un groupe, convictions et croyances, sentiment de sécurité...
C'est aussi le lieu des mécanismes de motivation, réussites et échecs, plaisir
et déplaisir...
Principales lois physiologiques attribuées par
les biologistes au cerveau limbique.
A - Le système
limbique est imperméable à toute logique.
B - Le cerveau limbique agit
comme un filtre, il a un rôle sélectif et détectif : toute
information passe d'abord par le limbique qui filtre l'information et excite
le cortex selon le filtre lui-même lié aux tonalités émotionnelles de
l'information (intérêt, sécurité, plaisir, motivation, ….) Les émotions
déclenchées par des stimuli agissant sur le système limbique ne sont pas sous
le contrôle du cortex. La peur, par exemple ne disparaît pas par voie de
raisonnement. Le cerveau limbique a une certaine autonomie par rapport au
cortex: il peut bloquer toute réactivité des zones corticales, et anesthésier
les infos déplaisantes qui n'atteignent pas le cortex mais il peut aussi
stimuler certaines zones du cortex. La communication est donc
unidirectionnelle.
C - Le système limbique
enregistre d'abord l'action vécue qui deviendra réflexion. La réflexion est
ainsi soumise à l'action: le cerveau ne peut résoudre un problème que s'il
expérimente de nouvelles solutions. Sur le plan biologique, cela correspond au
fonctionnement coordonné du cortex et du limbique.
D - Il stocke tous les
souvenirs jouant ainsi un rôle essentiel dans la mémoire à long terme, qui
permet la réception et l'enregistrement des informations en fonction des
tonalités émotionnelles. La mémoire en permettant la création d'automatismes
pourra être à l'origine des besoins nouveaux qui du coup, ne seront plus
instinctifs mais seront d'ordre socio-culturel.
E - Il assure le début de la
connaissance par l'image et joue un rôle cognitif comme produire, élaborer des
images même s'il est essentiellement lié aux processus émotionnels et aux
pulsions.
LE
NEOCORTEX
Le cortex apparaît à l'état d'ébauche chez
certains reptiles, se développe chez les mammifères et plus on monte dans
l'échelle animale, plus cette bande va s'étendre et refouler de part et d'autre
les deux cerveaux primaires. Chez les mammifères supérieurs, le cortex s'est
développé vers l'arrière, enveloppant tout le système limbique d'une couche
épaisse de neurones aux ramifications complexes. Ce qui est vraiment nouveau
chez l'homme, c'est l'étendue du néocortex et les structures qui s'y rattachent:
le nouveau cerveau présente une plasticité et une souplesse inconnue aux
structures archaïques.
Le nouveau cortex n'est plus une machine:
lorsqu'il est stimulé, il peut ne pas répondre ou encore répondre de manière
imprévue, de façon originale et créative à un problème posé par l'environnement.
Il peut répondre d'une manière différente de celle qu'avait entraîné une
stimulation identique précédente. Il sera d'autant plus conscient qu'il est
justement conscient de ses automatismes et de ses pulsions et qu'il peut s'en
libérer par sa fonction imaginaire.
En effet, l'accroissement des connexions
neuronales du cortex s'accompagne d'une augmentation des possibilités de
réception des informations. Il a pris dans l'espèce humaine, un développement
considérable dans les régions orbito-frontales qui permettent un moyen
d'association des éléments mémorisés. L'homme peut recombiner ces éléments
mémorisés d'une façon différente de celle par laquelle ils nous ont été imposés
par le milieu; le cerveau peut alors créer des structures nouvelles, "les
structures imaginaires" (H. Laborit).
Il représente la conscience, la capacité
symbolique (capacité de remplacer certaines choses par d'autres), le langage,
base de la pensée abstraite. Seul le cortex a cette capacité: c'est pour lui un
moyen de gérer les autres cerveaux plus anciens.
Il correspond au stade de la reconnaissance de
l'objet comme réalité externe dans un espace donné. La manipulation des
concepts, de l'abstraction par les systèmes associatifs, la prise de distance
par rapport à l'objet donne à l'homme des possibilités presque infinies de
création.
L'homme ainsi doté de
ses trois cerveaux se situe au sommet de l'intelligence terrestre par la
puissance de ses facultés cognitives. On ne serait ignorer certaines espèces qui
ont évolué en parallèle avec l'homme et qui semblent dotées d'une intelligence
supérieure. L'éthologie cognitive nous révèle que certains oiseaux comme le
corbeau ou la corneille possèdent des facultés étonnantes qui les place au
premier rang des volatiles intelligents. Pour ce qui est du monde aquatique, mis
à part les dauphins, la cognition animale possède avec le Poulpe un cas unique
qui fait figure d'Alien. En effet, le Poulpe est doté de capacités incroyables
comme la représentation du temps et de l'espace. Il est capable de parcourir des
labyrinthes, utiliser des outils, se camoufler à l'infini, etc. Je vous invite
donc à découvrir d'étonnantes facultés cognitives dans les documentaires
suivants.
Découvrez ces
deux vidéos sur le cerveau ou
les mystères de nos
intelligences.
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