C'est par ce processus initiatique que je suis devenu psychanalyste pour prendre une juste place dans l'existence en la partageant avec les autres. Ce réveil et cet éveil ont été accomplis à ce jour comme Isis lève son voile sur l'essence de la vie mais je ne suis qu'un chercheur de lumière qui tente avec ses outils de découvrir les chemins authentiques qui mènent à la connaissance et à la pleine dimension de l'être. Ces outils, je les utilise dans ma praxis pour permettre à d'autres d'ouvrir des pistes sur leur dimension intérieure et découvrir les forces et les capacités qui leur permettront de combattre ce qui s'oppose à leur véritable nature. C'est un travail initiatique où chacun doit un jour affronter le miroir de la vérité, de sa vérité pour se reconnaître en soi-même.
 
Le secret tel qu'il a été transmis par la tradition gnostique repose sur l'aptitude d'un individu à passer de l'autre côté du miroir pour que celui qu'il voit en face puisse dire: Je reconnais cet être-là dans son essence et en tout ce qui l'a constitué en bien comme en mal car il n'existe qu'une seule dimension authentique au centre de nous-même, celle de notre soi, unique et indivisible créé dans l'unité d'un tout où chacun a sa place. Cette unité repose sur le simple principe que l'on ne sépare pas l'âme, le corps et l'esprit.
 
Je dois admettre que la psychanalyse, la psychiatrie et d'autres sciences humaines ne reconnaissent pas pleinement la dimension de l'âme, plaçant celle-ci dans une dimension mystique de l'être. Le concept de l'âme s'oppose à la rationalité de notre pensée actuelle qui s'attache plus à résoudre les tourments de l'esprit. J'admets qu'il peut y avoir des frontières dans les délires de l'esprit, que notre mental peut accommoder la réalité pour tisser des mythes qui le réconfortent. Nous savons que nous pouvons avoir une propension aux contes de fée, à nous raconter des histoires, à enjoliver l'état des choses. Mais il y a un fond commun de l'humanité qui s'unit depuis des siècles dans une sagesse et une connaissance universelle. Au-delà des âges, des cultures et des civilisations, des vérités communes existent parce qu'elles font écho dans le cœur des hommes, dans leur âme, dans leur essence. Il y a une transmission ininterrompue parce qu'elle apporte la lumière de l'espérance que nous pouvons devenir autres que ce que la vie a voulu nous réserver. Nous avons ce formidable potentiel d'élever notre esprit au-dessus des tourments de la vie pour découvrir qu'il existe d'autres horizons à notre manière d'être.
 
Je veux bien affirmer que je suis un mystique en quête de sagesse. J'aime la sagesse en ce qu'elle peut apporter. La philosophie apporte une distance qui nourrit nos réflexions sur nous-mêmes, sur nos actes, sur notre conduite, sur ce qui nous entoure. Elle participe à cette conversion du regard sur le monde parce qu'elle se nourrit d'un héritage puissant dans sa richesse et sa diversité.
En usant de l'œil au travers du prisme de la photographie, je veux joindre la pensée au regard pour ouvrir une fenêtre sur notre dimension intérieure. C'est toute la dimension que je souhaite donner à la photosophie.
 
Après le libre-arbitre et la destinée, je désire éveiller notre préhension du monde par d'autres sujets comme le temps et l'espace, l'ombre et la lumière, la beauté et l'esthétisme pour poursuivre ainsi ma quête en témoignant, en m'exposant et en m'enrichissant du regard de l'autre, des autres. Je souhaite partager cette vision de la vie où nous sommes l'un et le tout en utilisant la créativité comme une récréation.
 
Jeff Le MAT