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Celui qui sait résoudre cette équation se
possède lui-même car il a compris qu'il faut choisir au travers de ces
différentes dimensions, les véritables piliers de sa
fondation.
L'édification
de notre existence repose sur l'accomplissement de nos désirs. Depuis la nuit
des temps, l'homme a dirigé son regard vers la voûte étoilée pour observer la
course du temps. Primitivement, c'est dans l'obscurité autour du feu que l'homme
a pu appréhender la distance qui le sépare de l'univers infini. Tout en étant au
sommet de la création, il a ressenti la précarité de sa position face à
l'immensité de la vie terrestre.
Nous
ressentons tous cette dualité basée sur la nécessité de s'inclure dans la
réalité tout en poursuivant notre rêve d'aspirer à autre chose de nous-même.
Nous nous heurtons souvent aux obstacles qui entravent le chemin de notre
accomplissement parce que nous ne comprenons pas que cela repose sur un principe
simple: le jeu de la causalité. Si nous ne sommes pas aptes à choisir pour nous
ce qui nous enrichit, ce qui nous construit, ce qui nous fait progresser dans
cette quête de la réalisation de notre propre dimension, l'univers décidera pour
nous ce que nous devons accomplir. Nous subissons alors des effets que nous
n'avons pas décidés. Nous sommes ballottés au gré de circonstance que nous avons
enclenché sans en posséder la maîtrise.
Saisir le fil
de son existence suppose que nous soyons conscients de la nature de nos désirs
pour utiliser nos ressources en combattant nos propres incapacités. Cela
s'appelle la quête de soi par la connaissance de ce que nous engendrons. Il n'y
a pas de fatalité, juste des leçons à tirer de nos actes. Avoir le courage de
choisir nos actes, c'est exercer le libre-arbitre pour façonner notre
destinée.
Je voudrais
prendre une citation de l'astrologue grec Ptolémée: " Les astres inclinent, mais
ne déterminent pas ". Il n'y a pas de déterminisme, il y a une destination. La
destinée est un parcours que nous effectuons d'une porte à une autre, de la
naissance où nous prenons le souffle en inspirant et la mort où nous expirons ce
souffle vital. Entre les deux, il n'y a qu'une grande respiration. Pour beaucoup
d'êtres humains cette respiration de la vie est difficile car il y a des
blocages, des traumatismes. On peut ressentir aux tréfonds de nous une douleur,
une souffrance à être nous-même car nous n'avons pas appris à la rendre
utile.
Nous explorons
le champ de l'existence sans toujours savoir où cela va nous conduire. Nous
menons une quête incessante du bonheur parce que la vie ne nous offre que de
brefs instants de tranquillité, de plénitude. Nous quittons un bonheur pour
essayer d'en attraper un autre avec un perpétuel sentiment d'insatisfaction
parce que nous ne nous acceptons pas tel que nous sommes. Nous ne comprenons pas
que le bonheur est une illusion dont nous repoussons sans cesse les limites.
Nous pensons souvent que la réussite du bonheur provient du hasard, de la chance
ou d'une intervention extérieure, voire divine. Nous ne comprenons pas que le
vrai bonheur, c'est la possession de soi-même en un seul et même instant dans un
tout dont nous ne sommes qu'une partie active.
La chance n'a
rien à voir avec le hasard ou le destin. Il y a des aides, des co-incidences ou
des concours de circonstance qui nous donnent l'impression d'avoir gagné à la
loterie de la vie. Le plus souvent par besoin de sécurité, nous ne savons pas
saisir les opportunités qui nous sont proposées par peur de lâcher les choses
qui ne nous satisfont pas. Nous souffrons en créant d'impossibles compromis, en
nous accommodant de situations insatisfaisantes plutôt que de tenter l'aventure
de ce qui nous convient. C'est la peur de réussir qui conforte la culture de
l'échec.
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